As-Siyâm ( le jeûne )

Dimanche 13 septembre 2009
.

 



Abû Huraira a rapporté que le messager d'Allah (salallahu ‘alayhi wa salam) a dit :

« Quiconque accomplit la prière de nuit la nuit d'Al-Qadr avec Iman (la croyance ferme) et en cherchant la récompense aura tous ses péchés passés pardonnés. » [1]


Ce hadith est la preuve de la vertu de la nuit d’Al-Qadr et d’y accomplir le qiyam. Et cela indique que c'est une grande nuit, qu'Allah a honoré et a rendu meilleure que mille mois en ce qui concerne sa bénédiction et les bénédictions des actes pieux qui y sont exécutés. Ainsi elle est meilleure que l'adoration de mille mois et c'est équivalent à quatre-vingt-trois ans et quatre mois. C’est pourquoi, quiconque accomplit le qiyam (la prière de nuit) avec la vraie foi et en cherchant la récompense, sera pardonné de ses péchés passés. Il y a certains versets concernant cette vertu :
« Nous l’avons fait descendre en une nuit bénie, Nous sommes en vérité Celui qui avertit, durant laquelle est décidé tout ordre sage » [sourate Ad-Dukhan : 3-4]


Donc, c'est "une nuit bénie", cela signifie qu’elle possède beaucoup de bien et de bénédiction en raison de son mérite et la grande récompense qui attend celui qui y fait des bonnes actions. Parmi ses bénédictions, est qu'Allah y a révélé le Qur'an. Allah dit :

« Nous l’avons certes, fait descendre (le Coran) pendant la nuit d’Al-Qadr. Et qui te dira ce qu’est la nuit d’Al-Qadr ? La nuit d’Al-Qadr est meilleure que mille mois. Durant celle-ci descendent les Anges ainsi que l’Esprit,par permission de leur Seigneur pour tout ordre. Elle est paix et salut jusqu’à l’apparition de l’aube. » [sourate Al-Qadr : 1-5]


Ibn Kathir  a dit concernant la Parole d'Allah : « descendent les Anges ainsi que l’Esprit » : « Cela signifie que la descente des anges augmente pendant cette nuit en raison de la quantité énorme de ses bénédictions. Et les anges descendent avec la descente de bénédiction et miséricorde, de même qu'ils descendent quand le  Qur'an est récité et entourent les assises dans lesquelles Allah est évoqué et étendent leurs ailes sur le vrai chercheur de science, montrant du respect pour lui. » [2]



Cette nuit arrive seulement pendant Ramadan, puisqu'Allah y a révélé le Qur'an. Il nous informe que sa révélation est arrivée pendant le mois de Ramadan dans Sa Parole : « 
Nous l’avons certes, fait descendre (le Coran) pendant la nuit d’Al-Qadr »


Et Sa Parole : « (Ces jours sont) le mois de Ramadan au cours duquel le Coran a été révélé» [sourate Al-Baqara : 185]


 

Cela signifie que la révélation d'Allah à Son prophète Muhammad  a commencé (pendant ce mois).


La Parole d'Allah : "Laylatul-Qadr" est une indication de l'honneur et de la position de cette nuit, comme il est dit : « Telle personne a un grand Qadr ». La conjonction "de la nuit" à Al-Qadr est la jonction d'une particularité descriptive, ainsi cela signifie "une nuit honorable". Le mot "Al-Qadr" peut aussi faire référence à l’ordonnancement et à la disposition des affaires. Ainsi, sa jonction au mot "la nuit"  dénoterait un lieu ou un temps. Donc cela signifierait « la nuit dans laquelle tout ce qui arrivera l’année suivante est décrété. ». Comme dans la Parole d'Allah :


 « durant laquelle est décidé tout ordre sage » [sourate Ad-Dukhan : 4]


Qatada a dit à ce sujet : « En cela (la nuit d’Al-Qadr) est là décrété toute chose de l'année (prochaine) » [3] et
Ibn Al-Qayim dit que c'est l'avis correct. [4]



Ce qui semble le plus correct est qu'il n'y a rien qui limite la possibilité de ces deux compréhensions et Allah est plus savant.


Sa parole: « avec Iman » signifie avec la conviction ferme dans ce qu'Allah a préparé pour ceux qui sont debout dans la prière pendant cette nuit magnifique. Et « cherchant la récompense » signifie chercher la récompense et l'accomplissement de la récompense.


Ainsi, c'est une grande nuit, qu'Allah a choisi pour commencer la révélation du Qur'an. Donc le musulman doit reconnaître sa grande valeur, en la préservant et en la passant dans l'adoration, en ayant une ferme conviction et en recherchant la récompense d'Allah, afin qu'Allah puisse pardonner tous ses péchés précédents. C'est pourquoi le prophète (salallahu ‘alayhi wa salam) nous a avertis contre le fait de ne pas tenir compte cette nuit et d’être négligent dans le fait de la passer dans l'adoration, car le musulman serait privé de son bien.


Abu Huraira a rapporté que le messager d'Allah (salallahu ‘alayhi wa salam) a dit : « Ramadan vous est venu - un mois béni. Allah vous a rendu obligatoire son jeûne. Pendant ce mois, les portes de ciel sont ouvertes, les portes du Feu de l'enfer sont fermées et les mauvais djinns sont enchaînés. À Allah appartient une nuit (de ce mois), qui est meilleure que mille mois. Quiconque est privé de son bien, a été privé (de tout le bien). » [5]



Le musulman doit invoquer beaucoup pendants les nuits dans lesquelles la nuit d'Al-Qadr est cherchée. Et il doit invoquer avec ce que le prophète (salallahu ‘alayhi wa salam) a enseigné à
'Aisha (radiallahu ‘anha), quand elle lui a demandé : « Et si je sais sur quelle nuit la nuit d'Al-Qadr arrive, que dois-je dire ? » Donc il a dit : « Dis : ô Allah, en effet Tu es le Tout-Pardonneur. Tu aimes le pardon, alors pardonne-moi. » [6]



Ibn Kathir a dit : « Il est recommandé d’invoquer beaucoup à tout moment et plus que cela pendant le mois de Ramadan, les dix derniers jours et les jours impairs. Et on recommande fortement d'augmenter l'invocation avec cette supplication : « ô Allah, en effet Tu es le Tout-Pardonneur. Tu aimes le pardon, alors pardonne-moi. » [7]


 

Notes de bas de page :

[1] Al-Bukhari (4/2550 et Muslim (759)

[2] Tafsir Ibn Kathir : (8/465)

[3] Rapporté par At-Tabari dans son Tafsir (25/65) et par Al-Baihaqi dans son livre Fada'il-ul-Awqat (pg. 216). Sa chaîne de narration est sahih.

[4] Voir Shifa'-ul-'Alil d'Ibn Qayim (p. 42)

[5] Ce hadith est rapporté par Ahmad et An-Nasa'i. Voir la vérification d'Ahmad Sakir du Musnad (n°7148) et Sahih At-Targhib wat-Tarhib de shaykh Al-Albani (1490) de même que Tamam-ul-Manna (395)

[6] Rapporté par At-Tirmidhi et Ibn Maja avec une chaîne authentique. [Note du traducteur: la supplication translittérée de l'arabe est: « Allahumma Innaka 'Afuwwun Tuhibbul-'Afwa Fa'affu 'anni »]

[7] Tafsir Ibn Kathir : 8/472

 


Article tiré du site al-manhaj.com

Source: Ahadith As-Siyam (pg. 141-143)

Traduit par : Abu maryam


Traduit en français par les salafis de l’Est
Par ASSALAFIYAT
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Mardi 8 septembre 2009

De l’érudit ibn Radjab el-Hanbalî

Au Nom d’Allah, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

Selon `A'icha (radiya Allahou `anhâ) : « Arrivé au dix derniers jours, le Messager d’Allah , serrait son Izâr [1], faisait vivre ses nuits, et réveillait sa famille. » Dans une version, il est précisé : « il faisait vivre ses nuits, réveillait sa famille, redoublait d’efforts, et serrait son Izâr. » [2].Le Prophète privilégiait de faire certaines œuvres les dix derniers jours du Ramadân qu’il ne faisait pas le reste du mois. Entre autre, il faisait vivre ses nuits. Il est possible que cela signifie qu’il restait éveillé la nuit entière. Dans un hadîth de `A'isha en effet, celle-ci explique : « Le Prophète alternait les vingt premiers jours entre la prière et le sommeil, mais s’il venait les dix -autrement dit les dix derniers jours-, il ‘’relevait les manches’’ et serrait son Izâr. » [3]. Cela peut vouloir dire également qu’il faisait vivre la plus grande partie de la nuit. Cette hypothèse se fonde sur le Propos que nous rapporte Muslim dans son recueil Sahîh, selon lequel `A'isha déclare : « Je ne pense pas qu’il ait passé la nuit en prière jusqu’à l’aube. » Par ailleurs, le Prophète veillait à lever sa famille au cours des dix dernières nuits indépendamment des autres jours. Soufiyân Thawrî affirme : « Quand les dix derniers jours arrivent, je préfère que quelqu’un prit la nuit, qu’il redouble d’effort, qu’il lève sa famille (sa femme) et ses enfants pour la prière s’ils se sentent capables de le faire. » Il est certifié à cet effet que le Prophète frappait à la porte de Fatima et de `Alî pour leur dire : « Ne devriez-vous pas vous lever pour prier ! » [4].

Il avait pour habitude de réveiller `A'icha avant de faire le Witr, au terme de sa veillée qu’il consacrait à la prière. Les Textes encouragent mutuellement les époux à se réveiller la nuit pour se vouer à la prière et le cas échéant de faire gicler de l’eau sur le visage du conjoint dont le sommeil serait trop lourd. D’après el-Mawatta, `Omar ibn el-Khattab priait la nuit la durée qu’Allah avait voulu. Au milieu de la nuit, il réveillait sa famille en s’écriant : « La prière ! La prière ! » Il récitait notamment ce Verset : (Ordonne la prière à ta famille et endure-la) [5]. La femme d’Aboû Mohammed Habîb el-Fârissî lui répétait la nuit : « La nuit est partie alors qu’entre nos mains le chemin est long et nos provisions sont bien maigres. La caravane des pieux est passée devant nous et nous sommes restés sur place. »

O dormeur de la nuit ! Combien dors-tu !
Lève-toi mon amour [6] ! Le rendez-vous est proche
Prend de la nuit et de ses instants
Un passage quand le dormeur a prit sa couche
Qui dort au terme de la nuit
N’atteint aucun rang ni s’en approche

A cette occasion, le Prophète serrait notamment son Izâr. Les avis sont partagés pour expliquer le sens de cette expression. Certains savants prétendent que c’est une façon d’exprimer les efforts intensifs et intenses qu’il consacrait à l’adoration, mais cette hypothèse est sujette à discussion. En réalité, elle signifie qu’il s’isolait de ses femmes ; c’est ainsi que les prédécesseurs et les références anciennes comme Soufiyân Tawrî l’ont interprété. Une autre hypothèse avance qu’il ne se mettait plus au lit jusqu’à la fin du Ramadân. Dans le hadîth d’Anas en effet, il est précisé : « Il pliait son lit et s’isolait de ses femmes. »

Certains anciens assument concernant l’exégèse du Verset suivant : (maintenant vous pouvez les approcher, et recherchez ce qu’Allah vous a écrit) [7] que cela correspond à rechercher la Nuit du Destin. Cela voudrait dire qu’Allah (soubhânahou wa ta`âlâ) a autorisé d’approcher les femmes pendant les nuits du Ramadân jusqu’au moment de distinguer entre un fils blanc et un fils noir. Il a enjoint avec cela de rechercher la Nuit du Destin afin que les musulmans ne passent pas toutes les nuits du mois à profiter des relations licites avec leurs femmes au risque de laisser échapper la Nuit du Destin. En outre, Il a ordonné de rechercher la Nuit du Destin à travers la prière nocturne, surtout les nuits où il est plus propice de coïncider avec celle-ci. A partir de là, on peut comprendre pourquoi le Prophète voyait ses femmes les vingt premiers jours pour ensuite s’isoler d’elles afin de se concentrer à sa quête de la Nuit du Destin les dix derniers jours.

En outre, le Prophète prenait son repas du matin juste avant l’aurore. Selon `A'icha et Anas, les dix derniers jours, il prenait son repas du soir avant l’aurore . Les termes de `A'icha sont les suivants : « Le Messager d’Allah dormait et priait pendant le Ramadân. Les dix derniers jours, il serrait son Izâr, s’éloignait de ses femmes, se douchait entre les deux Adhân, et prenait avant l’aube son repas du soir. » [8]. Selon Aboû Sa`îd el-Khoudrî, le Prophète a dit : « Ne jeûnez pas sans interruption ; quiconque voudrait le faire sans interruption doit s’arrêter au moins juste avant l’aurore.
- Toi, tu jeûnes bien sans interruption, lui a-t-on fait remarquer !
- Je ne suis pas comme vous, a-t-il répliqué. Quelqu’un la nuit me nourrit et m’abreuve. »
[9]

Visiblement, il continuait de jeûner toute la nuit. Il le faisait probablement pour mieux affronter les dix dernières nuits. Il n’en était pas plus affaibli étant donné qu’Allah le nourrissait et l’abreuvait.

De plus, le Prophète se douchait entre les deux prières de la nuit. Comme nous l’avons déjà vu avec le hadîth de `A'icha, il se douchait entre les deux Adhân ; Autrement dit entre l’Adhân du Maghreb et celui du `Icha. Ibn Jarîr a souligné : « Les anciens appréciaient se doucher toutes les nuits des dix derniers jours. Nakha’î s’y douchait toutes les nuits. Certains se douchaient et se parfumaient les nuits les plus propices à la Nuit du Destin. Ayyoûb Sikhtiyânî consacrait sa douche la nuit du vingt-trois et celle du vingt-quatre. Il revêtait deux vêtements neufs, se parfumait à l’encens, et disait : « La vingt-troisième nuit, c’est la nuit des gens de Médine, et la suivante c’est la notre », il entendait par-là les habitants de Bassora. »

Il devient clair à travers cela qu’il est recommandé les nuits où l’on espère coïncider avec la Nuit du Destin de se laver et de se faire beau. Cela consiste à se faire propre en se douchant, se parfumant, et en portant des beaux vêtements comme il est légiféré de le faire le vendredi et les jours de fête. Il est légiféré également de se faire beau pour les prières en général. On ne peut embellir pleinement son extérieur sans embellir par-là même son intérieur à travers le repentir et le retour à Dieu (soubhânahou wa ta`âlâ) en se purifiant le cœur des souillures des péchés. Il ne sert à rien d’entretenir son aspect extérieur et de laisser l’intérieur complètement délabré.
Il n’est pas décent de s’entretenir avec les rois en privé sans peaufiner et purifier le corps et l’esprit en même temps. Que dire des relations avec le Roi des rois, Lui qui connaît les secrets les plus cachés. Il ne se contente pas de regarder vos aspects extérieurs, mais Il considère vos cœurs et vos actes. Quiconque se tient devant Lui doit embellir son corps par sa tenue et son cœur par le manteau de la piété.

Si quelqu’un ne revêt pas l’habit de la piété
il devient nu même s’il est tout habillé


Il est propice à l’occasion des dix derniers jours de faire l’I`tikâf (retraite spirituelle). D’après el-Boukhârî et Mouslim, selon `A'icha (radiya Allahou `anhâ) le Prophète faisait l’I`tikâf les dix derniers jours du Ramadân, et cela jusqu’à sa mort. D’après Sahîh el-Boukhârî, selon Aboû Hurayra (radiya Allahou `anhou) : « Tous les Ramadân, le Prophète faisait une retraite de dix jours. L’année où il est mort, il a fait une retraite de vingt jours. » S’il faisait une retraite ces dix fameux jours au cours desquels chacun est à l’affût de la Nuit du Destin, c’est pour se couper de toute occupation mondaine, pour se vider l’esprit, pour s’entretenir en privé avec Son Seigneur afin de l’invoquer et de l’évoquer.

La personne en retraite s’enferme pour mieux se plier à Allah et se consacrer au Dhikr (l’évocation d’Allah). Elle décide de couper tout lien avec le monde extérieur susceptible de lui perturber l’esprit. Elle se tourne corps et âme vers Son Seigneur, et se penche sur Sa dévotion. La seule préoccupation qui lui reste, c’est celle de Son Seigneur et la recherche de Son agrément. Une fois que les liens, les sentiments, et une certaine familiarité se sont renforcés entre elle et Lui, elle peut dès lors s’abandonner pleinement à Sa Divinité dans toutes les autres situations.

Allah (soubhânahou wa ta`âlâ) révèle : (Nous l’avons descendu la Nuit du Destin. Et toi tu ne peux savoir ce qu’est la Nuit du Destin. La Nuit du Destin vaut mieux que mille mois) [10]. Selon Aboû Hurayra (radiya Allahou `anhou), le Prophète a déclaré au sujet du mois de Ramadân : « Il y a une nuit qui vaut mieux que mille mois, quiconque est privé de ses bienfaits, sera démuni. » [11]. Mâlik a confié : « On m’a rapporté qu’il fut montré au Messager d’Allah les œuvres des générations passées, ou ce qu’Allah a voulu lui montrer. Il a eu l’impression que celles de sa communauté étaient trop justes et qu’elles ne pouvaient rivaliser avec celles des prédécesseurs dont la durée de vie était plus longue. Allah lui a donc offert la Nuit du Destin qui est meilleure que mille mois. »

Concernant les œuvres liées à cette fameuse nuit, il est certifié que le Prophète a dit : « Quiconque se lève la nuit du Destin avec foi et en aspirant à la récompense, il se verra pardonné ses péchés passés. » Se lever consiste ici à l’animer par l’adoration et la prière nocturne. En outre, il a recommandé à `A'icha de se consacrer aux invocations. Soufiyân Thawrî a dit : « Cette nuit-là, les invocations sont meilleures à mes yeux que la prière. » Il veut dire par-là qu’il vaut mieux multiplier les invocations que de faire des prières qui comportent peu d’invocations, mais si l’adorateur alternait entre les invocations et la lecture cela reste une bonne initiative. Le Prophète se consacrait à l’adoration les nuits du Ramadân et psalmodiait le Coran. Il ne lisait pas un Verset évoquant la Miséricorde sans la solliciter ni un Verset évoquant le châtiment sans se réfugier sous la protection divine. Il mêlait ainsi entre la prière et la récitation, entre l’invocation et la méditation. Voici la meilleure combinaison à faire au cours des dix dernières nuits ou autre. `A'icha (radiya Allahou `anha) a demandé au Prophète : « Vois-tu, si je coïncidais avec la Nuit du Destin, quelle invocation dois-je y réserver ?
- Tu n’as qu’à dire : O Allah ! Tu es Absoluteur et tu aimes le pardon, alors pardonnes-moi ! »

L’Absoluteur fait partie des Noms d’Allah, il signifie qu’Allah passe outre les péchés de Ses serviteurs et qu’Il en efface les traces. Il aime qu’on sollicite Son Pardon et aime pardonner à Ses Serviteurs comme Il aime de la part de Ses Serviteurs qu’ils se pardonnent les uns les autres. S’ils venaient à se pardonner entre eux, Il usera de Son Pardon envers eux. Son Pardon a un ascendant sur à Son Châtiment. Le Prophète disait à cet effet : « Je cherche protection auprès de Ton Agrément contre Ta Colère et de Ton Pardon contre Ton châtiment. » [12]

S’il est enjoint de demander pardon la Nuit du Destin après avoir redoubler d’efforts dans les bonnes œuvres au cours de cette nuit en question et des dix dernières nuits en général, c’est parce que les initiés s’évertuent dans les actes sans pour autant se voir dans une situation privilégiée ni à travers les paroles ni à travers les actes. Ils s’en remettent alors à Son Pardon à la manière des pécheurs et des insouciants.

Selon Aboû Hurayra (radiya Allahou `anhou), le Prophète a dit : « Quiconque jeûne pendant le mois de Ramadân avec foi et en aspirant à la récompense, se verra pardonner ses fautes passées. Quiconque prie la nuit du Destin avec foi et en aspirant à la récompense, se verra pardonner ses fautes passées. » Toujours selon Aboû Hurayra (radiya Allahou `anhou), ce dernier a dit : « Quiconque prie les nuit de Ramadân avec foi et en aspirant à la récompense se verra pardonné ses péchés passés. » [13].
Ce hadîth recense trois moyens de se faire pardonner les péchés commis dans le passé. Autrement dit, il faut jeûner le mois du Ramadân, prier durant ses nuits, et durant la Nuit du Destin en particulier. A elle seule, la Nuit du Destin efface les fautes qui ont pu se produire au début, au milieu, ou à la fin des dix derniers jours. Que la personne s’en rende compte ou non, l’absolution des péchés n’attend pas la fin du mois pour se voir effective, contrairement au Ramadân et à la prière nocturne pour lesquels il faut attendre la fin du mois pour en savourer les fruits. Dès que le mois se termine en effet, le fidèle achève le jeûne et les veillées spirituelles. L’absolution des péchés a lieu tout de suite après l’interruption des deux moyens qui ont permis de l’obtenir. Ces deux moyens sont le jeûne pour les journées et la prière pour les nuits du mois du Ramadân.

Une fois les limites du mois franchies, les jeûneurs ont rempli leur devoir. Ils n’ont plus qu’à attendre la récompense qui se traduit par le pardon. En allant à la prière de l’Aïd, leurs récompenses leur sont distribuées. Quand ils rentrent chez eux, ils ont déjà perçu leur dû en entier. La récompense est proportionnelle à l’effort requis ; celui qui n’a pas rempli correctement son devoir devra s’en prendre à lui-même. Salmân affirme à ce sujet : « La prière est une balance, celui qui donne la bonne mesure sera pleinement rétribué, et pour celui qui voudrait tricher vous connaissez pertinemment le sort des tricheurs. » Le Jeûne et les bonnes œuvres en général sont de cet ordre. Celui qui s’acquitte de sa dette compte parmi les serviteurs d’Allah les plus loyaux tandis que celui qui veut tricher alors malheur aux tricheurs ! Honte à celui qui rempli avec soin la mesure de ses passions alors qu’il néglige injustement la balance de son jeûne et de sa prière !

Demain les âmes seront gratifiées de leurs œuvres
Et les laboureurs auront le fruit de leur labeur
S’ils font du bien, ils le font pour eux-mêmes
Et s’ils font du mal alors quel mauvais labeur

Les pieux prédécesseurs faisaient en sorte d’achever leur labeur avec soin et perfection. Se voir accepter les œuvres étant leur second souci, ils avaient la peur au ventre à l’idée de se les voir refuser, et ils (font ce qu’ils font le cœur rempli de crainte) [14]. `Alî (radiya Allahou `anhou) aurait dit : « Soyez plus préoccupés de vous voir accepter les œuvres que de les accomplir. N’avez-vous pas entendu les Paroles d’Allah (`aza wa djal) : (Allah accepte les œuvres des gens pieux). [15] »

Selon el-Hassan : « Allah a fait du Ramadân une arène pour Sa création où ils rivalisent dans Son obéissance pour atteindre Sa satisfaction. Les premiers ont eu la victoire tandis que les retardes à terre ont tout perdu. » Comment peut-on avoir le sourire aux lèvres le jour où les bienfaiteurs sont les vainqueurs et où les paresseux sont les perdants !

Parmi les moyens permettant également de gagner le pardon divin, nous avons le fait de nourrir les jeûneurs et d’alléger la tâche aux esclaves. Il y a de surcroît l’évocation d’Allah et le repentir qui consiste à demander pardon au Seigneur. Les invocations du jeûneur lui sont acceptées aussi bien la journée qu’au moment où il entame son repas. En outre, les anges invoquent le pardon en faveur des jeûneurs jusqu’au soir. Ainsi, il existe de multiples façons de se faire pardonner à l’occasion de ce mois bénit. C’est pourquoi, ne pas obtenir à-propos le pardon, c’est vraiment être le plus démuni du monde ! Quand sera-t-il absout les péchés à celui qui n’aura pas profité de l’occasion ? Quand ses oeuvres lui seront-elles acceptées, si elles ne l’ont pas été au cours de ce mois ? Quand va-t-il se corriger si le Ramadân ne l’a pas fait ? Quand va-t-il guérir de son ignorance et de sa négligence ? Toutes les branches qui ne donnent pas de fruits à l’heure de la cueillette sont coupées pour servir de brasier au feu. Si la terre est mal semée à la saison des graines, il y n’aura d’autre labeur le jour de la récolte que la déchéance et le remord.

Concernant la fin du mois, les personnes inondées par la faute et dont les grands péchés leur font mériter l’Enfer, sont affranchies de ses flammes. Le jour de l’aïd, Allah affranchi de la Géhenne, les grands pécheurs parmi les jeûneurs ; les pervers peuvent rejoindre ainsi les dévots. Etant donné que le pardon et l’affranchissement du feu était le fruit du « carême » et des veillées pieuses, Allah a ordonné au serviteur d’achever cette période en exprimant sa reconnaissance et en proclamant la Grandeur de Son Seigneur en disant : (afin que finissiez ses jours et que vous proclamiez la Grandeur d’Allah qui vous a guidé, ainsi serez-vous reconnaissant) [16]. La façon d’être reconnaissant envers Celui qui a de Sa Faveur permis à Ses serviteurs de jeûner le mois de Ramadân tout en les soutenant dans leur besogne, Lui qui leur a pardonné et qui les a affranchis de l’Enfer, c’est de l’évoquer et de le remercier tout en Le craignant comme il se doit.

O toi dont le Maître a affranchi des flammes ! Méfies-toi de ne pas retomber dans les chaînes de la faute après t’en être délivré. Ton Maître t’éloignerait-il de l’Enfer alors que tu y serais attiré ? A quoi bon t’en sauver si toi tu y replonges sans y manquer ! Il incombe à quiconque veut délivrer son âme du feu à l’occasion du Ramadân de se donner les moyens de le faire, en sachant qu’à cette occasion, ils sont plus que disponibles. Dans le Sahîh d’ibn Khuzayma, il est dit : « Faites en sorte d’abonder de ces quatre choses : deux d’entre elles servent à satisfaire Votre Seigneur, et vous ne pouvez vous passer des deux autres. Celles dont vous vous servez pour satisfaire Votre Seigneur, ce sont : l’attestation qu’il n’y de Dieu en dehors d’Allah et le repentir. Et celles dont vous ne pouvez vous passer, ce sont : quand vous demandez à Allah le Paradis, et quand vous chercher Sa protection contre l’Enfer. »

Chacune des quatre particularités mentionnées dans ce hadîth constituent en elle-même une raison d’être affranchi et pardonner. La parole d’unicité pulvérise et efface les péchés. Elle n’omet aucune faute et rien parmi les œuvres ne peut la devancer en mérite. Elle équivaut à l’affranchissement d’un esclave qui implique l’affranchissement du feu. La parole du repentir quant à elle, constitue l’un des plus grands moyens pour se faire pardonner. Si l’on sait que le repentir consiste à invoquer Allah d’absoudre les péchés, il faut alors garder à l’esprit que l’invocation du jeûneur est exaucée quand il est à jain et juste au moment de casser son jeûne. Au demeurant, Le plus efficace des repentirs s’avère quand celui-ci est accompagné d’un regret sincère. Quiconque demande pardon du bout des lèvres, avec le cœur à la faute attaché, et la ferme intention à la fin du mois de la retrouver, verra son abstinence lui retournée, et les portes de l’acceptation lui fermées. Quant au fait d’implorer l’entrée au Paradis et d’être protégé de l’Enfer, ce sont les invocations les plus essentielles et au sujet desquelles le Prophète a déclaré : « C’est autour de cela que nous tournons. » [17]

Serviteur d’Allah ! Ramadân a prit l’initiative de partir, il n’en reste pratiquement plus rien. Celui qui parmi vous en a profité pour faire le bien, doit finir ainsi, mais celui qui a gaspillé ses heures peut encore finir bien. Les œuvres ne valent que par la dernière d’entre elle. Jouissez donc du peu de jours et de nuits qui vous restent et quittez-le sur une bonne action ; elle pourra témoigner en votre faveur auprès du Roi Omniscient. Faites-lui vos adieux au moment du départ avec les meilleures salutations.

O Ramadân ! Compaties ! Les larmes des bien-aimés affluent et leur cœur devant la douleur du départ se fend. Un instant au moment des adieux peut étouffer ce que les flammes du désir ont brûlé. Un instant de pardon et de regret peut récupérer des empans entiers de Jeûne détruit par le feu. Un cavalier parmi les admis isolé peut très bien récupérer la caravane. L’individu enchaîné dans ses fautes peut tout aussi se libérer. Un individu méritant le feu peut autant en être délivré et un rebelle peut certainement être atteint par la Miséricorde du Maître.

Que les prières d’Allah et Son Salut soient sur notre maître Mohammed, ainsi que sur ses proches, et tous ses Compagnons !

Notes de bas de page :

[1] Morceau de vêtement qui se porte à la taille (N. du T.)
[2] Rapporté par el-Boukhârî et Mouslim.
[3] Rapporté par Ahmed.
[4] Rapporté par el-Boukhârî et Mouslim.
[5] Tâ-Ha ; 132
[6] Le terme Habîb signifie amoureux en arabe, ici en l’occurrence c’est le nom de son mari mais il sous-entend certainement les deux sens (N. du T.).
[7] La vache ; 187
[8] Rapporté par ibn abî `Assim.
[9] Rapporté par Boukhârî.
[10] Le Destin ; 1-3
[11] Rapporté par Ahmed et Nassâ'î.
[12] Rapporté par Mouslim.
[13] Rapporté par el-Boukhârî et Mouslim.
[14] Les croyants ; 60
[15] Le Repas Céleste ; 27
[16] La vache ; 185
[17] Rapporté par Aboû Dawoûd et ibn Mâdja.

Par Karim ZENTICI

http://dourous.free.fr/html/ecrit/articles/ramadan/dix-derniers-jours.php
Par ASSALAFIYAT
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Mercredi 12 septembre 2007
Question :

J’ai lu dans le livre « La description du jeûne du prophète durant le mois de Ramadan », de Salim Hilali et ‘Ali Hasssan ‘Abdul-Hamid que la femme enceinte et celle qui allaite, si elles craignent pour leur vie ou celle de leur enfant, rompent leur jeûne et nourrissent (en guise d’expiation) pour chaque jour non jeûné une personne indigente, sans avoir à accomplir ce jeûne ultérieurement. Quelle est la véracité de ces propos ? Nous espérons une explication qu’Allah vous récompense par un bien.


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Réponse :


Il ne leur est pas demandé de repousser ultérieurement leur jeûne, mais il leur est demandé, en guise d’expiation, de nourrir un pauvre pour chaque jour non jeûné. Telle est la réponse, la bonne réponse. Quant à la condition citée, qui est : « Si la femme enceinte ou la femme qui allaite craint pour sa vie ou celle de son enfant », cette condition a été établie à partir d’efforts personnels de certains savants. Elle ne peut être imposée à la femme enceinte ou la femme qui allaite car le prophète sallaallahu 'alayhi a dit : « Allah, l’Exalté, a dispensé de jeûne la femme enceinte et la femme qui allaite ».

Ibn ‘Abass radialla a commenté le verset : « Quiconque d’entre vous est malade ou en voyage, jeûnera (plus tard) un nombre égal de jours. Et à ceux qui ne peuvent jeûner qu’avec difficulté, incombe, en expiation, de nourrir un pauvre ».

Il a dit radialla : « La femme enceinte et la femme qui allaite doivent nourrir un pauvre ».

La condition précédemment citée est ici inexistante : que la femme enceinte ou celle qui allaite craint pour sa vie ou celle de son enfant.


En résumé : Il est donc permis à toute femme enceinte et à toute femme qui allaite de rompre son jeûne mais elles doivent en guise d’expiation nourrir un pauvre pour chaque jour non jeûné et elles ne sont pas tenues d’accomplir leur jeûne ultérieurement.



Fatwa extraite de la cassette numéro 25/2, face A de Shaikh Muhammad Nasir- Din Al-Albâni rahimahoullah
Par ASSALAFIYAT
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Mercredi 12 septembre 2007
« La retraite pieuse de la femme ainsi que le lieu où elle doit faire cela»

SHeikh al-Imâm Muhammad Ibn Sâlih al-’Uthaymîne


samedi 22 octobre 2005
par Ibn Abd Al-Hâdî
 


Question :

Est-ce que la retraite pieuse de la femme est identique à celle de l’homme O SHeikh ?


Réponse :

Oui, pour la femme, la retraite pieuse est légiférée comme pour celle de l’homme.

Ceci dit, la condition qui est liée à cela est l’absence de perversité ou de tentation. Car s’il y a une quelconque perversité ou tentation, elle ne doit pas faire de retraite pieuse. Si elle fait la retraite pieuse, et que cela a pour conséquence qu’elle laisse ses enfants chez elle, ou qu’elle délaisse les droits de son mari [sur elle], alors elle ne doit pas faire de retraite pieuse. [1]


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Question :

Lorsque la femme souhaite faire la retraite pieuse [al-I’tikâf], où doit-elle faire cela ?

Réponse :

Lorsque la femme souhaite faire la retraite pieuse, elle devrait faire cela dans une mosquée, à condition qu’il n’y ait pas d’interdiction légiférée [telle que la mixité et autres] qui l’en empêcherait. Et s’il y a une quelconque interdiction légiférée en cela, alors elle ne devrait pas faire la retraire pieuse. [2]



[1] Fatâwa « Nûr ‘ala ad-Darb » - http://www.ibnothaimeen.com

[2] Madjmu’ Fatâwa de Ibn ’Uthaymîne, Vol-20 p.163

voir: http://manhajulhaqq.com/article.php3?id_article=344
Par ASSALAFIYAT
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Jeudi 6 septembre 2007

Shaykh 'Abdullah Ibn Salih Al-Fawzan



Abû Huraira (radiallahu ‘anhu)a rapporté que le messager d'Allah (salallahu ‘alayhi wa salam) a dit : " Toute action du fils d’Adam sera multipliée de dix à sept cents fois. Allah, Puissant et Sublime, a dit : " Sauf le jeûne, car il est pour Moi et Je le récompenserai. Il abandonne ses désirs et sa nourriture pour Moi. Il y a deux joies pour le jeûneur. Lorsqu’il rompt son jeûne et lorsqu’il rencontre Son Seigneur. Et l’haleine du jeûneur est plus agréable à Allah que l'odeur du musc. " [1]


Ce hadith est la preuve de la vertu du jeûne et du rang qu'il possède auprès d’Allah. Quatre de ses nombreuses vertus apparaissent dans ce hadith et elles sont :

1. Les jeûneurs recevront leur récompense complète sans compter, chaque bonne action sera récompensé de dix à sept cents fois, sauf le jeûne. En effet, sa récompense n'est pas limitée à ce nombre, mais Allah le récompensera comme Il veut. Ceci parce que le jeûne est (parmi les formes de) patience et Allah a exposé :


" La terre d’Allah est vaste et les endurants auront leur pleine récompense sans compter " [2]


Al-Awza'i dit de ce verset : " Il ni sera pesé pour eux, ni mesuré, mais plutôt il leur sera simplement servi comme la nourriture est servie. " [3]


2. En effet Allah a lié le jeûne à Lui, à la forme conjonctive, par dessus tout autre type d'actes. Et ce lien est suffisant pour montrer son statut noble. Ceci, et Allah est plus savant, est dû au fait qu’il englobe toute la journée. Ainsi, on peut constater que le jeûneur a négligé ses désirs, tandis que son âme languit constamment après eux. Ceci, dans la durée, n'est pas trouvé ailleurs que dans le jeûne, particulièrement les jours d'été en raison de leur longueur et de la chaleur. Le refus de l'individu des choses qu'il désire est un acte d'adoration, qui sera récompensé. Ceci parce que le jeûne est un secret entre le serviteur et son Seigneur. Personne ne le connaît sauf Allah, le Très-Haut. C'est une action (cachée) intérieure, qui ne peut être vu de la création, ainsi riya' (l’ostentation) ne peut pas y entrer.


3. Quand celui qui jeûne rencontrera son Seigneur, il sera enchanté par son jeûne en raison de ce qu'il verra comme abondance, bonne position et récompense dus à l’acceptation de son jeûne, qu'Allah lui a accordé en premier lieu.


Quant à sa joie lorsqu’il rompt le jeûne, elle est due à l'achèvement de l'acte d'adoration et qu’il (le jeûne) est libre du mal et des choses interdites. Ceci est parmi les types de joie louées puisque c'est une joie qui émane de l'obéissance à Allah et de l'achèvement du jeûne, en raison de la grande récompense promise. Comme Allah dit : " Dis : Par la grâce et la miséricorde d'Allah et par cela, réjouis-toi " [4]


4. L’haleine du jeûneur est plus agréable à Allah que le parfum du musc. Cette belle odeur sera pour le Jour du Jugement qui est le jour où la récompense pour les actions sera manifeste. Ceci est basé sur une narration du hadith : " …plus agréable à Allah le Jour du Jugement … " [5]


De même dans la vie de ce monde, car c'est le temps de la manifestation des signes d'adoration, en raison de la narration :


" Et l’haleine du jeûneur quand il expire la nourriture (qu’il a mangé précédemment) est plus agréable à Allah que l'odeur du musc " [6]


Ce parfum, détesté par les gens qui le sentent dans ce monde, sera cependant plus agréable à Allah que l’odeur du musc. Ceci parce c’est quelque chose qui provient de l'obéissance à Allah.


Ibn Hibban a dit : " Le signe qui marquera les croyants le Jour du Jugement est la brillance (de leurs visages) en raison de leurs ablutions (wudhu) dans ce monde, qui les distinguera du reste des nations. Et leur marque le Jour du Jugement en raison de leur jeûne sera une haleine agréable, plus agréable à Allah que l’odeur du musc. Ceci afin que l'on puisse les reconnaître pour cet acte. Nous demandons à Allah de nous accorder la bénédiction ce jour. " [7]


Et parmi les mérites de Ramadan est qu'Allah a distingué ceux qui jeûnent par une porte spécifique parmi les portes du Paradis. Personne d’autre qu’eux n'entrera par cette porte. Sahl Ibn Sa'ad (radiallahu ‘anhu) a rapporté que le prophète (salallahu ‘alayhi wa salam) a dit : " En vérité, il y a une porte dans le Paradis, qui est Ar-Rayan. Le Jour du Jugement, ceux qui jeûnaient entreront par là, personne d'autre qu'eux n’entrera par celle-ci. Et quand ils seront entrés, elle se fermera, et personne n'entrera par elle (après eux). " [8]


Et dans une narration : " Et quiconque y entre aura à boire. Et quiconque boira ne se sentira plus jamais la soif. " [9]


Cependant, ces mérites ne sont atteints que par celui qui jeûne avec sincérité en s'abstenant de nourriture, de boisson, de relations sexuelles, d’écouter ce qui est illicite, de regarder vers l'interdit et de gagner ce qui est illégal. Ainsi, ils doivent jeûner et s'abstenir des actes coupables. La langue doit jeûner et s'abstenir de la médisance et du faux serment. Ceci est le jeûne légiféré, dont le résultat sera la grande récompense. Et s’il n'est pas ainsi, le prophète (salallahu ‘alayhi wa salam) a dit : " Quiconque n'abandonne pas le mensonge et le fait d’agir sur cela, alors Allah n'a aucun besoin qu’il abandonne sa nourriture et boisson. " [10]


Et Abû Huraira (radiallahu ‘anhu) a rapporté que le messager d'Allah (salallahu ‘alayhi wa salam) a dit : " Il se peut que le jeûneur n’est de son jeûne que la faim et la soif. Et il se peut que celui qui prie la nuit n’est que la fatigue et le sommeil. " [11]


Notes de bas de page :


[1] Al-Bukhari (4/103) et Muslim (1151)

[2] Sourate Az-Zumar : 15

[3] Tafsir Ibn Kathir (7/80)

[4] Sourate Yunus : 85

[5] Cette formulation est trouvée dans le hadith de Muslim (le Livre du jeûne: 163)

[6] Rapporté par Ibn Hibban et Ahmad

[7] Voir Sahih Ibn Hibban (8/211)

[8] Al-Bukhari (4/111) et Muslim (1152)

[9] Cet ajout au hadith est trouvé dans le Sahih d'Ibn Khuzaima (n°1903)

[10] Al-Bukhari (10/473)

[11] Rapporté par Ahmad, Ibn Hibban et d'autres avec une chaîne de transmission authentique.

Article tiré du site allahuakbaar.net

Source : Ahadith As-Siyam : Ahkam wa Adab (pg. 27-29)


Traduit par les salafis de l’Est

Par ASSALAFIYAT
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